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Tentative d’apaisement et/ou dernier service d’une collaboratrice sur le départ (et que l’on pourra ainsi facilement désavouer) ?
Dans un contexte d’incertitudes et de rumeurs soigneusement entretenu par les déclarations fracassantes du Président de la République, la lettre de mission de la Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche à Catherine Bréchignac, Présidente du CNRS, vient en tout cas largement atténuer la violence du discours de Nicolas Sarkozy du 28 janvier dernier à Orsay.
Ainsi, s’il reste évidemment nécessaire de redéfinir les modalités d’un partenariat avec des universités "plus autonomes", le CNRS est conforté dans son rôle "d’opérateur de recherche". Certes, ce rôle sera assorti de celui "d’agence de moyens", mais "la capacité d’organisation à grande échelle" du CNRS "lui donne une responsabilité particulière dans la conception et la gestion des très grandes infrastructures de recherche".
Autre point qui semble entendu :
la simplification administrative ne va plus jusqu’à prôner la tutelle unique des unités de recherche mais admet la pertinence de la
double tutelle, "une locale et une nationale". Le statut des chercheurs en activité ne sera pas affecté et un flux de recrutement de jeunes chercheurs propres au CNRS sera maintenu, même si la ministre souhaite favoriser la fluidité du corps des chercheurs vers celui des enseignants-chercheurs (pourquoi ne pas envisager une
fluidité à double sens ?).
Le SNPTES reste cependant critique quant à l’opportunité de nombre des mesures proposées :
la restructuration autour de grands instituts, à l’image
de l’IN2P3 et de l’INSU, et le démantèlement des départements scientifiques risquent ainsi de créer des chapelles et d’appauvrir la forte
interdisciplinarité qui faisait la force du CNRS.
La réduction des missions confiées au Comité National de la Recherche scientifique, concomitante à la mise en place de l’AERES, affaiblit la capacité de l’organisme à piloter la recherche menée dans les unités ; l’importance donnée à l’innovation dénature ses missions premières de recherche fondamentale.
Si le SNPTES n’est pas opposé a priori à "l’amélioration de la gestion des ressources humaines" et "à la gestion concertée (avec les universités) des personnels d’appui à la recherche", il restera très attentif à ce que cela ne se traduise pas concrètement par un nivellement par le bas des procédures de gestion et des statuts des personnels.
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