


C’est avec beaucoup d’amertume que le SNPTES-UNSA s’engage dans l’organisation des « Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche ».
Le projet de loi portant organisation de la nouvelle université soutenu par la Conférence des Présidents d’Université (CPU) ne prend pas en compte le rôle majeur des personnels administratifs, techniques et de bibliothèque (BIATOSS) dans l’accomplissement des missions de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Le nombre de sièges qui leur est réservé dans les Conseils d’Administration en est un exemple frappant. Les personnels BIATOSS interviennent pourtant à tous les niveaux du dispositif universitaire : de l’accueil des étudiants à l’insertion professionnelle, en passant par une participation de plus en plus active aux actes de formation, en particulier depuis la multiplication de filières professionnalisantes.
Les personnels techniques contribuent aussi (quand ils n’en ont pas l’entière responsabilité) à la formation des étudiants de troisième cycle dans les laboratoires.
Le SNPTES-UNSA tient à rappeler que de nombreux ingénieurs sont titulaires d’un doctorat et d’une habilitation à diriger les recherches. Les personnels BIATOSS, quelle que soit leur fonction, ne peuvent donc pas être considérés comme des acteurs mineurs. Les personnels BIATOSS relèvent des dispositions réglementaires du statut général de la Fonction publique.
Ce dernier constitue le cadre intangible de référence. A ce titre, tous les emplois permanents doivent être pourvus par des fonctionnaires. Nous demandons l’élaboration rapide d’un plan de résorption de l’emploi précaire pour permettre la titularisation des nombreux personnels en CDD et CDI.
Enfin, pour permettre aux établissements d’attirer les meilleurs éléments vers les métiers de l’enseignement supérieur et de la recherche des évolutions statutaires importantes doivent être rapidement mises en place. L’attractivité des métiers ne peut se concevoir uniquement par l’instauration de la « prime d’intéressement » tel que prévu par le projet de loi.
Le SNPTES-UNSA a fait des propositions en terme de recrutement et d’évolutions statutaires mais aucune réponse positive ne lui a été fournie. C’est pourtant une nécessité, car la diversité des métiers qu’exercent les personnels BIATOSS et leur niveau de compétences en font des acteurs indispensables au bon fonctionnement des établissements et à la réussite des étudiants.
Le SNPTES-UNSA considère que l’enseignement supérieur doit conserver son caractère de service public national et il s’opposera à toute initiative contraire. Ce simple rappel implique que les moyens matériels et humains qui lui sont attribués, par l’Etat, soient à la hauteur des ambitions affichées. C’est aujourd’hui loin d’être le cas.
Le SNPTES-UNSA combattra au côté des étudiants toute tentative de mise en place de sélections à l’entrée en premier et deuxième cycle universitaires. Des solutions doivent être trouvées pour permettre la réussite du plus grand nombre. Il en va de l’avenir des étudiants et donc de l’avenir de la France.
Le SNPTES-UNSA, sans y être totalement opposé, considère que le développement de « l’emploi étudiant » dans les universités est une mauvaise réponse à une bonne question. Le taux d’échec aux examens des étudiants salariés est en effet très important. Une rénovation des dispositifs d’aides sociales serait plus appropriée. Pour le SNPTES-UNSA, le recrutement d’étudiants ne peut s’envisager qu’en application d’un cadre réglementaire national ne les mettant pas en concurrence avec les recrutements de personnels BIATOSS.
La reconnaissance de la place essentielle des personnels BIATOSS au sein de la communauté universitaire doit être réaffirmée. Des mesures doivent être prises immédiatement pour rendre leurs carrières plus attractives.
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