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La ministre nous avait affirmé qu’elle ferait de l’enseignement supérieur sa priorité. La communauté universitaire pouvait espérer que cela se concrétiserait par un effort global intéressant l’ensemble des établissements. Visiblement ce n’est pas l’option choisie par notre ministère.
En matière de dotation financière vous affichez une progression de 6,5% au titre de 2009 mais avec des disparités criantes, 14 établissements verront leurs moyens financiers baissés du fait même de l’inflation, 10 autres seront à l’équilibre 26 bénéficieront d’une dotation égale ou supérieure à la moyenne affichée de 6,5% hors inflation.
Cette dotation intègre les crédits du plan « réussite en licence » et une partie du chantier « carrières ».
Comment, dans ce cas, prétendre que les conditions de fonctionnement seront améliorées, les dépenses sur les postes incompressibles ne cessent d’augmenter, les conditions matérielles d’encadrement des étudiants se dégradent, la dotation financière ne répond pas aux objectifs qualitatifs que la ministre affichait encore récemment.
La répartition des emplois suscite encore davantage la colère de la communauté universitaire, contrairement à l’engagement de Madame Pécresse de sanctuariser les emplois dans l’enseignement supérieur les universités doivent se délester de 450 supports dont 225 postes de titulaires.
Non content de ces suppressions vous demandez aux établissements de rendre, dans le cadre d’un redéploiement national, 150 postes.
Cette répartition appelle de notre part quelques réflexions. D’abord sur la méthode, aucune concertation n’a été menée avec les représentants de la communauté universitaire. Aucune information ne nous a été fournie sur l’algorithme présidant ce nouveau modèle de répartition.
Cette répartition répond avant tout à une logique comptable, elle ne tient pas compte des situations particulières des établissements, à titre d’exemple on constate à la lecture des tableaux qui nous ont été proposés que de nombreux établissements ayant intégré un IUFM doivent rendre des postes sans qu’il soit pris en considération que cette opération d’intégration n’apporte pas d’amélioration en terme d’encadrement, qu’il n’est pas tenu compte de la typologie des postes propres aux IUFM et qu’enfin, du fait même de la dispersion géographique des antennes, les postes dont pourrait bénéficier l’université d’accueil doivent être maintenus logiquement sur site.
Autre exemple, l’université de La Réunion perd 5 postes alors qu’elle fonctionne avec 40% de contractuels.
Cette politique conduit à déstabiliser un peu plus nos établissements, l’encadrement des étudiants dont chacun reconnaît qu’il est insuffisant va de nouveau en souffrir.
Je note par ailleurs que le taux d’encadrement en personnels BIATOSS n’a pas été retenu dans les critères de répartition. Les personnels BIATOSS vont une fois de plus servir de variable d’ajustement, le ratio BIATOSS/enseignants diminuera alors que la CPU et la commission Schwartz s’accordent sur le manque criant en personnels techniques et administratifs.
Cet étranglement en moyens financiers et humains ne permettra pas aux universités d’accompagner les profonds changements liés aux nouvelles missions confiées aux établissements dans le cadre d’une plus large autonomie.
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