


Par un acte autoritaire qui choque l’ensemble de la communauté scientifique, la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche vient de signifier, lors d’un entretien accordé au journal Le Monde le 20 mai, sa vision de la réforme des organismes de recherche académiques Français.
Elle fait ainsi fi du vaste processus de concertation engagé sur ce sujet. Il est difficile de croire à une maladresse de calendrier. La proposition de réforme élaborée par la Direction du CNRS pour répondre à la feuille de route ministérielle, qui devait être discutée le lendemain lors d’une séance exceptionnelle du Conseil d’Administration, conservait encore trop d’autonomie à la direction de l’organisme pour être acceptable par le ministère.
Le CNRS, dont la mission principale serait celle d’agence de moyens d’une politique scientifique définie au niveau des universités, se verrait ainsi « découpé » en huit instituts, dont les directeurs seraient directement nommés par le gouvernement, et deux "directions" : sciences informatiques et sciences du vivant. Pour ces deux domaines scientifiques, un pilotage conjoint serait mis en place avec d’autres EPST, et le pilotage des sciences du vivant serait coordonné par l’INSERM.
Au-delà de la forme utilisée, largement méprisante vis-à-vis de tous les acteurs de la concertation, le SNPTES-UNSA dénonce deux incohérences majeures dans cette décision :
d’une part, le gouvernement, qui ne cesse de réclamer plus de « visibilité » à la recherche française, entend diminuer l’influence du CNRS qui est de loin le plus connu des organismes de recherche nationaux, puisqu’il occupe le 6ème rang au niveau mondial ;
d’autre part, il parait pour le moins paradoxal de revendiquer une volonté de « décloisonnement » de la recherche tout en « saucissonnant » le plus vaste organisme de recherche pluri- et inter-disciplinaire.
Tout en admettant la nécessité d’une meilleure coordination entre les EPST, le SNPTES-UNSA considère par ailleurs que les mesures proposées (imposées ?) par la Ministre concernant les STIC et SDV ne sont pas de nature à favoriser l’excellence des recherches fondamentales à mener dans ces deux domaines.
Enfin, pour le SNPTES-UNSA, un des aspects les plus inquiétants de la réforme (déjà présent dans le projet de la Direction), est le "recentrage" annoncé de ses activités, qui se traduira par de nombreuses désassociations d’unité. Les conséquences en seront l’apprauvrissement thématique du CNRS (perte en pluridisciplinarité) mais surtout la réaffectation forcée de nombreux personnels, chercheurs et IT.
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