



A quelques encablures des élections présidentielles, que de belles promesses déclarées ! Que de beaux serments prononcés, avec un leitmotiv : la démocratie !
Qu’on la pare de différents qualificatifs, sociale, libérale, voire participative, il est légitime et sain de rappeler qu’elle est un des fondements de notre société républicaine et laïque, mais surtout d’essence démocratique.
Après d’aussi belles déclarations, nous attendons qu’une société fondée sur ce principe intangible soit en capacité de le décliner au quotidien.
La démocratie doit trouver son expression dans le secteur qui nous concerne par un dialogue renoué. Notre ministère de tutelle s’est doté d’une direction générale des ressources humaines dont nous avons salué la création, pensant naïvement que nous serions davantage écoutés et parfois entendus. Après certaines avancées, en particulier dans la gestion du dossier évaluation-notation, nous sommes, à présent, dans l’expectative. Pourtant les raisons de nous rencontrer ne manquent pas : application de la réforme statutaire des personnels de catégorie C, en particulier le volet indemnitaire ; mise à plat des primes servies dans l’enseignement supérieur ; ouverture de nouvelles négociations statutaires promises lors des dernières CAPN. Et la liste n’est pas exhaustive.
Ce dialogue semble aussi avoir été oublié lors des travaux de la CPU. Parmi les vingt propositions de la CPU (article en page 4), la plupart mettent à mal ce qui fait la force et le ciment de la communauté universitaire : la gestion collégiale de nos établissements. La loi Savary de 1984 permet l’expression des trois entités indissociables de l’université : les étudiants, les enseignants et les personnels techniques et administratifs. L’université, malgré un désespérant manque de moyens tant financiers qu’humains, a pu gérer une massification de l’enseignement supérieur que les politiques appelaient de leurs vœux.
Cela s’est fait grâce à un consensus fondé sur la responsabilité et les efforts de chacun. Cette responsabilité partagée, ce paritarisme sont aujourd’hui contestés et décriés comme étant source d’immobilisme et d’inefficacité. Les conseils universitaires dans leur architecture actuelle, lieu de dialogue et de rencontre, exutoires parfois de nos frustrations, doivent rester les lieux de débats toujours enrichissants malgré les divergences qui s’y expriment. Ces prétoires ont aidé à forger la culture et l’identité universitaires que de nombreux scientifiques étrangers nous envient, même si cela n’a pas retenu l’attention des sages de l’université de Jiao Tong de Shangaï dans leur classement des 500 meilleures universités mondiales. La remise en cause de cette appartenance identitaire aura pour conséquence le repli sur un corporatisme exacerbé.
Les personnels BIATOSS ont fait preuve d’une maturité et d’un sens des responsabilités que beaucoup reconnaissent. Nous ne voulons pas être la variable d’ajustement d’une gestion de moins en moins collégiale.
Le SNPTES revendique, pour les personnels qu’il représente, une existence démocratique au sein des établissements. Nous ne pouvons admettre que notre rôle se limite à jouer les soutiers de l’enseignement supérieur.
Les personnels BIATOSS restent des partenaires « adultes » et respectables de la communauté universitaire. Le SNPTES le rappellera avec force à nos autorités tutélaires.
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