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C’est une telle évidence que tout le monde l’admet : la plus grande richesse du CNRS, ce sont ses personnels, chercheurs et ITA. Quelle n’avait donc pas été notre incompréhension, et notre colère, en découvrant l’objectif n° 5 du « contrat d’objectifs 2009-2013 » de notre organisme avec l’état : « Promouvoir la mobilité hors CNRS » ! Cela a constitué l’une des raisons majeures (bien que pas la seule) pour lesquelles nous avions voté contre ce projet de contrat. Selon une logique comptable qui n’est pas sans rappeler la RGPP (« Régression Générale des Politiques Publiques »), le contrat d’objectifs allait jusqu’à quantifier la cible visée pour cette hémorragie : +3% par an vers d’autres secteurs académiques, et +5% par an vers le secteur économique.
Lors du Conseil d’administration du CNRS du 31 mars 2011, le Président a rendu compte de la stratégie mise en œuvre au CNRS, s’inscrivant résolument dans le cadre de la SNRI (Stratégie nationale de recherche et d’innovation) et bien sûr du contrat d’objectifs. A cette occasion, il s’est félicité que les objectifs de mobilité externe vers d’autres administrations aient été atteints, et même dépassés en 2009 (+6,8%). Seules « ombres » au tableau : la fuite vers le secteur économique reste faible, et les « chaires d’excellence » (cofinancement par le CNRS de postes universitaires) ne rencontrent pas l’enthousiasme espéré. Rappelons que nous avons été nombreux à dénoncer cette dernière mesure, coûteuse, porteuse de situations conflictuelles dans les laboratoires, et qui vise explicitement « au rapprochement des métiers de chercheurs et d’enseignants-chercheurs » (soit, en clair, à l’extinction du statut de chercheur). Que l’on ne s’y trompe pas : nous sommes fondamentalement favorables à toutes les mobilités : thématiques, géographiques, internes et externes. La mobilité est en effet un moteur important de dynamisme. Au sein du CNRS, les mécanismes d’incitation sont même encore très insuffisants (pour de nombreux ITA, effectuer une mobilité est plutôt un handicap dans la carrière !).
La promotion de la mobilité « hors CNRS » reste pour l’instant, et heureusement, plus un effet d’annonce qu’une réelle politique de débauchage, malgré la mise en place d’outils tels que l’indemnité de départ volontaire (en 2009). Mais, dans le même temps, le chantier de « rénovation de l’attractivité des carrières » n’a débouché que sur des mesures parcellaires et largement insuffisantes.
Nous ne pouvons accepter que seule la mobilité externe soit encouragée, et que la Direction de notre organisme participe ainsi activement à cette entreprise d’appauvrissement du CNRS.
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