En ce début d’année universitaire où chacun retrouve l’essentiel de ses préoccupations ou de ses espoirs, l’implacable réalité nous a rattrapés. Depuis quelques semaines les économies occidentales sont entrées en récession. Le spectre de la crise de 1929 réapparaît avec son cortège de déchéances sociales encore présent dans la mémoire collective. La crise financière annoncée par les experts depuis de nombreux mois mais occultée par les pouvoirs politiques met en lumière les limites d’un capitalisme débridé, sans contrôle, abandonné aux mains de financiers sans scrupules. L’état ne sort pas grandi de ce fiasco économique. Depuis de trop nombreuses années le laisser faire économique tient lieu de politique. Le capital travail a laissé place essentiellement au capital financier et les dividendes servis aux actionnaires s’envolent au détriment de l’investissement dans l’outil de travail. Toutes ces analyses ont déjà été faites en d’autre temps mais elles n’ont servi à rien tant l’appât du gain immédiat demeure souvent le seul ressort des institutions de placements.
Dans ce contexte de récession économique il peut paraître surréaliste voire anachronique de présenter un budget concocté bien avant le début de la crise financière. Tous les indicateurs virent au rouge mais les pouvoirs publics, sûrs de leur fait, maintiennent une prévision de croissance autour de 1%. Les recettes fiscales vont mécaniquement diminuées mais rien n’y fait, le budget voté au parlement traverse imperturbablement la crise….
Nous nous sommes déjà exprimés sur ce budget, il fait la part belle aux tenants du toujours moins d’état, moins de services publics donc moins de fonctionnaires. Le fonctionnaire coûterait cher à la collectivité, mais combien pèseront sur les contribuables les frasques des docteurs « Folamour » de la finance ? Les services publics ne généreraient pas de plus values. Pourquoi dans ce cas le modèle canadien dont s’inspirent jusqu’à la caricature les pouvoirs publics français est-il remis en cause par ceux la même qui l’ont initié. Les services publics sont générateurs de richesses et il convient de les réhabiliter toute affaire cessante.
Ce débat est aussi le nôtre. L’enseignement supérieur et la recherche sont des gisements de richesses profitables à l’ensemble de la communauté et doivent être financés essentiellement par l’argent public. Cet argent fruit de l’effort collectif n’a pas vocation à renflouer les banques. Il doit profiter à ceux-là même qui, par leur contribution, donnent à l’état les moyens d’assurer les missions dont il a la charge. L’enseignement supérieur et la recherche relèvent de ces missions.
Choisy le Roi, le 27 novembre 2008
Jacques Drouet - Secrétaire Général
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